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Scandale judiciaire autour des déchets toxiques ; Ils sont tous mouillés !

22 Mai

Certes, le nom qui apparaît au-devant de la scène dans ce qui est d’ores et déjà une affaire d’Etat est celui d’Adama Bictogo, ministre de l’Intégration africaine. Mais il a bénéficié d’une complicité du silence qui éclabousse Jeannot Ahoussou Kouadio et Alassane Ouattara lui-même.
L’image est saisissante, le symbole est ravageur. Dimanche dernier, alors qu’il est évident qu’il a déjà reçu l’enquête explosive de Jeune Afrique sur le scandale de l’indemnisation des déchets toxiques, Alassane Ouattara reçoit très officiellement le ministre des Affaires étrangères nigérien Mohamed Bazoum, avec à ses côtés… Adama Bictogo, le ministre de l’Intégration africaine, un des personnages principaux de cette incroyable histoire de corruption. Pourquoi l’actuel chef de l’Etat ivoirien, qui prétend faire de la moralisation de la vie publique son cheval de bataille, prend-il donc un si grand risque pour son image ? Mystère.
Pour mieux comprendre ce qui se joue avec le dernier scandale autour de l’affaire des déchets toxiques, il faut revenir à l’enquête de l’hebdomadaire spécialisé sur l’Afrique et édité à Paris. «Trois hommes (…) sont soupçonnés d’avoir détourné une partie des indemnités qui auraient dû être payées aux victimes de la pollution causée par le déversement de déchets toxiques à Abidjan, en août 2006. Leurs noms sont inscrits en lettres majuscules sur le rapport d’enquête de la police économique et financière. Il y a là Claude Gohourou, un leader étudiant qui, plusieurs mois durant, s’est improvisé représentant des victimes, Cheick Oumar Koné, président de l’Africa Sports, l’un des clubs de foot les plus célèbres de Côte d’Ivoire, et Adama Bictogo, aujourd’hui ministre de l’Intégration africaine, très impliqué dans la crise malienne. Selon les enquêteurs, il y aurait pour 4,65 milliards de FCFA (plus de 7 millions d’euros). Le rapport remis au procureur de la République, Simplice Koffi Kouadio, le 16 février dernier, recommande l’ouverture de poursuites judiciaires à l’encontre des intéressés pour «faux, usage de faux, détournement de fonds, recel et complicité». Que s’est-il passé ? Après l’accord de dédommagement des victimes signé entre le cabinet britannique Leigh Day et Trafigura, Claude Gohourou, de la Coordination nationale des victimes des déchets toxiques (CNVDT), parvient à obtenir que la justice ivoirienne ordonne le séquestre des fonds transférés à la Société générale de banques de Côte d’Ivoire (SGBCI). Cheick Oumar Koné contacte alors le représentant local du cabinet britannique, Mory Cissé, et lui raconte qu’il est en relation avec le ministre de l’Intérieur, Désiré Tagro, et le président du tribunal de première instance d’Abidjan. Et promet le déblocage des fonds, en échange d’une commission de 8% sur toutes les transactions. L’intéressé refuse et subit des menaces. Convoqué par la DST, il s’enfuit et réussit à atterrir à Londres, où il obtient l’asile. Au final, Adama Bictogo réussit, grâce à son entregent, à faire signer un protocole d’accord entre Gohourou et le cabinet anglais. On ne sait comment, Bictogo et Cheick Oumar Koné parviennent plus ou moins à prendre le contrôle du compte de l’association de Gohourou. 2,6 milliards sont virés sur le compte d’une proche de Koné. 600 millions sont prélevés pour le compte d’Adama Bictogo, pour sa «médiation». En bref, une sombre affaire de gros sous qui s’est nouée dans un grand cafouillage politique.

Ahoussou et Ouattara savaient depuis des mois…

Une information d’importance apparaît quand on lit l’enquête de Jeune Afrique. Le rapport détaillé sur les «exploits» supposés de Bictogo et Compagnie a été remis au procureur de la République depuis le 16 février dernier. Cela fait donc plus de trois mois que des enquêteurs désignés par le régime actuel accusent de faits très graves le ministre de l’Intégration africaine de Ouattara. Explosif, ce rapport remis au procureur, alors sous l’autorité directe de Jeannot Ahoussou Kouadio, ministre de la Justice, est naturellement passé par ses mains. Ce qui ne l’a pas empêché de composer son gouvernement en y introduisant un des personnages-clés de ce qui se présentait déjà comme une affaire d’Etat. Faute politique. Chef de l’Etat autoritaire, considéré par ses propres amis comme un «hyper-président», Alassane Ouattara ne pouvait pas ne pas être au courant de ce que disaient ses propres services de police sur un ministre dont il a continué de renforcer les pouvoirs. Les cris de colère des victimes des déchets toxiques n’y ont rien fait. Sans la publication de l’enquête de Jeune Afrique, peut-être que Bictogo aurait continué à vivre des jours paisibles. Le scandale qui le frappe aujourd’hui frappe donc naturellement ses supérieurs, qui ont organisé son impunité. Mais pourquoi l’ont-ils fait ?

Bictogo, l’homme des affaires sales
du pouvoir
Il faut savoir qu’Adama Bictogo n’est pas n’importe qui au sein du régime RDR. Il est au cœur du secret du clan les moins avouables du clan Ouattara. Juste avant le déclenchement de la rébellion ivoirienne, le 19 septembre 2002, ses comptes logés à la banque d’affaires britannique en France, HSBC, sont fermés parce qu’ils sont jugés «préoccupants» et «indésirables» en raison de soupçons de trafic – armes ou blanchiment d’argent. Comme par hasard, l’insurrection dont des cadres de son parti seront des figures principales, commence très vite après. C’est Adama Bictogo qui, par la suite, organise, avec son entreprise Côte d’Ivoire Fruit et des firmes étrangères partenaires, tout le business de la contrebande du cacao ivoirien qui passe par le Burkina Faso et le Togo. Est-ce dans le cadre de ses activités délictueuses qu’il noue des relations particulières avec Loïc Folloroux, fils de Dominique Ouattara et directeur Afrique d’Armajaro, firme sulfureuse impliquée dans la spéculation sur le cacao ivoirien ? Mystère.
Adama Bictogo, c’est également un des symboles de ce que Mamadou Koulibaly a appelé la «Rebfondation», c’est-à-dire les affaires inavouables mêlant personnages proches de la rébellion et dignitaires de la Refondation, et qui ont permis au clan de Ouattara de pénétrer le système Gbagbo pour mieux l’abattre. Adama Bictogo, c’est, au moins depuis 2007, l’agent d’influence de Blaise Compaoré, qui met de l’huile dans les rouages du difficile dialogue inter-ivoirien et gère des affaires «d’intendance» un peu particulières. Adama Bictogo, c’est le frère de Salif Bictogo, au cœur du scandale «Satarem-Greensol» autour de la gestion des ordures ménagères sous le régime Ouattara, qui n’a même pas coûté son poste à la ministre Anne Ouloto. Ouattara peut-il prendre le risque de se débarrasser d’un homme qui peut faire sauter plusieurs fois la République au regard des informations compromettantes dont il dispose ? Difficile de répondre par l’affirmative, alors qu’il n’ose même pas mettre en cause les «petits» chefs de guerre impliqués dans l’ethnocide wê, en dépit des injonctions agacées de ses parrains internationaux, notamment les Etats-Unis.

Par Philippe Brou (http://news.abidjan.net/h/433846.html)

La crise bancaire contamine aussi l’hôpital

21 Mai

Certains établissements seront bientôt en cessation de paiement

En Grèce, les malades cancéreux achètent eux-mêmes leurs médicaments en pharmacie et les payent de leur poche. Las d’accumuler les factures impayées, le laboratoire pharmaceutique Roche ne fournit plus les hôpitaux. Le groupe envisage de prendre des mesures similaires contre d’autres pays, dont l’Espagne.

En France, on n’en est pas encore là. Mais pour combien de temps ? À en croire la Fédération hospitalière de France (FHF) , qui regroupe plus d’un millier d’hôpitaux publics, les deux tiers des établissements de santé vont sous peu se retrouver en cessation de paiement. « Pas assez de recettes pour honorer ses dépenses, techniquement cela s’appelle une faillite », simplifie Thierry Acquier, délégué régional de la FHF en Paca. Et si, statutairement, un hôpital ne peut pas être mis en faillite, les conséquences de cette crise financière se font déjà sentir : partout en France, des chantiers hospitaliers prévus en 2012 sont à l’arrêt. L’achat d’équipements médicaux a été différé.

Plus inquiétant encore : « Certains directeurs ont du mal à assurer les dépenses courantes, à payer les fournisseurs et parfois même à verser les salaires des personnels », indique la FHP.

Sous perfusion bancaire

À l’origine de ce « krach » hospitalier, la fermeture du robinet de financement que représentait la banque publique Dexia, le prêteur historique des hôpitaux démantelé à l’automne dernier pour cause d’empoisonnement aux emprunts toxiques. Depuis, les banques de détail ne se bousculent pas pour prendre le relais. Laissant sur la paille des hôpitaux publics déjà étranglés par les contraintes budgétaires. Faute de crédit bancaire, il leur manquerait plus de 2 milliards d’euros cette année, soit 50 % de leurs besoins. Non seulement pour financer les investissements à moyen et long terme, mais aussi pour boucler le fonctionnement courant. « De nombreux établissements, en déficit structurel depuis des années, avaient recours à l’emprunt pour boucler leur trésorerie », explique Thierry Acquier. Une perfusion bancaire brutalement retirée avec l’explosion de Dexia.

Stoppé net dans cette fuite en avant, l’hôpital de Briançon, dont le taux d’endettement est voisin de 20 %, est menacé de banqueroute. Celui d’Aubagne sait déjà que pour être en capacité de verser ses salaires, il ne paiera pas ses charges sociales (lire ci-dessous). Et quand l’hôpital va mal, rien ne va plus : BTP, fournisseurs, administration fiscale, toute l’économie est ralentie.

Cercle vicieux

Très inquiète de cette situation, la FHF réclame la création rapide d’une banque publique d’investissement, qui prendrait le relais de Dexia auprès des hôpitaux et des collectivités territoriales. Un dossier qui n’a pas encore reçu le feu vert de Bruxelles. En attendant, la FHF demande à ses adhérents de ne plus lancer des projets d’investissement qui ne sont pas complètement financés. « Mais cela n’est pas viable dans la durée. Car un hôpital qui n’investit pas, qui ne rénove pas ses bâtiments, qui n’achète pas de nouveaux équipements court à sa perte », souligne Thierry Acquier.

Si les grosses structures, comme l’AP-HM parviennent à sauver les meubles, grâce notamment à l’émission d’emprunts obligataires lancés avec d’autres CHU, les petits hôpitaux s’engouffrent dans un cercle vicieux: moins d’investissements, moins de recettes, plus de dette… : cette spirale pernicieuse qui menace aujourd’hui toute l’économie européenne.

A Aubagne, salaires ou charge : il faut choisir

Huit mois. C’est le délai moyen de paiement des fournisseurs du centre hospitalier d’Aubagne. De quoi plomber les trésoreries de ces entreprises, souvent des PME. « La réglementation nous impose de régler nos factures dans les 50 jours. Mais nous ne pouvons pas faire autrement. Et cela va s’aggraver », explique Alain Teissier, le directeur de l’établissement, qui ne parvient plus à joindre les deux bouts. Faute de crédits bancaires, l’hôpital a renoncé à des investissements : travaux d’entretien des bâtiments, remplacement d’ascenseurs vieux de 40 ans, renouvellement de certains équipements médicaux. « Cela représente 1,5 million d’euros, ce qui n’est pas une somme faramineuse. Nous avons fait la tournée des banques. Aucune n’a accepté de nous prêter le moindre centime« , fulmine le directeur.

Mais l’urgence à Aubagne, c’est d’assurer la paye du personnel et d’honorer les factures des fournisseurs. L’hôpital va devoir différer le versement de ses charges sociales et fiscales. Avec, à la clé, des pénalités de retard qui vont alourdir ses dépenses. Endetté à plus de 8 % de son budget, l’établissement qui ne dispose plus de capacité d’autofinancement, vivait jusqu’à présent sous perfusion bancaire. En 2011, l’hôpital d’Aubagne a néanmoins gagné 4,5 % d’activité. Mais sans investissement pourra-t-il continuer à faire face à la concurrence féroce de la clinique privée voisine (La Casamance), et à la proximité de l’offre médicale marseillaise ?

Eric ESPANET (http://www.laprovence.com/article/a-la-une/la-crise-bancaire-contamine-aussi-lhopital)

Un insecticide altère le jeune cerveau

21 Mai

Il s’agit d’une étude pilote menée chez 40 enfants, mais ses résultats sont jugés « inquiétants » par le professeur Philippe Grandjean, épidémiologiste, spécialiste de médecine environnementale à l’Institut de santé publique du Danemark et à l’Ecole de santé publique d’Harvard (Boston, Etats-Unis).

Selon les données préliminaires de l’imagerie cérébrale recueillies chez de jeunes garçons et filles âgés de 6 à 11 ans, en effet, un pesticide organo-phosphoré très utilisé à travers le monde, le chlorpyriphos-éthyl (ou chlorpyrifos ou CPF), aurait un impact persistant sur la structure du cerveau des enfants qui, in utero, ont été exposés à des niveaux élevés de ce produit – parce que leur mère a, durant sa grossesse, inhalé cet insecticide, consommé des aliments pollués par celui-ci, voire été contaminée par l’absorption du produit à travers la peau. Le chlorpyriphos est présent dans de nombreux pesticides utilisés en agriculture, mais aussi dans des produits à usage domestique pour les pays qui n’en ont pas interdit l’usage.

Publiée en ligne, le 30 avril, dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), cette étude a été présentée, le 15 mai, lors de la conférence internationale « Programmation prénatale et toxicité » qui se tenait à Paris. L’enjeu : comprendre comment les expositions à des substances chimiques variées durant la grossesse ou les premières années de vie peuvent affecter les fonctions de l’organisme, voire occasionner des maladies (cancers, diabète, obésité…) qui surviennent parfois des années ou des dizaines d’années plus tard.

TROUBLES NEUROCOGNITIFS

« L’amincissement du cortex cérébral que nous observons chez ces enfants, notamment, n’est pas une bonne chose, souligne le professeur Virginia Rauh, principal auteur de ce travail réalisé à l’université Columbia (New York). Surtout lorsqu’on sait que l’épaisseur du cortex est également diminuée dans des affections neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer. » Selon cette épidémiologiste, les anomalies cérébrales trouvées chez ces enfants pourraient être associées à des troubles neurocognitifs ou neuropsychologiques durables. Les niveaux d’exposition qui montrent ces effets neurotoxiques correspondant à des usages courants.

 

Pour retracer le niveau d’exposition des foetus, l’équipe new-yorkaise a regardé les taux de CPF dans le sang du cordon ombilical, qui donne une idée des taux d’exposition durant les dernières semaines de grossesse. Ces données étaient issues d’une cohorte de 369 enfants, pour lesquels étaient aussi connus les niveaux d’exposition foetale au tabac et aux hydrocarbures aromatiques polycycliques, ainsi que les résultats d’un test cognitif global effectué vers l’âge de 7 ans.

Les auteurs ont focalisé leur attention sur 20 enfants qui avaient les niveaux d’exposition foetale au CPF le plus élevé – supérieur à 4,39 picogrammes par gramme – et les ont comparé à 20 enfants moins exposés, les deux groupes ne présentant des niveaux d’exposition foetale élevés ni au tabac ni aux hydrocarbures aromatiques. Résultats : chez les enfants du premier groupe, l’imagerie par résonance magnétique montre un développement cérébral altéré.

Le cerveau des enfants soumis à un niveau d’exposition élevé au CPF semble présenter plusieurs types d’anomalies : un élargissement de certaines régions, associé à de moins bonnes performances aux tests cognitifs à l’âge de 7 ans. De plus, ces enfants présentent des modifications des différences entre sexes normalement observées dans le cerveau, ainsi qu’une diminution de l’épaisseur du cortex frontal et pariétal.

DES INTERACTIONS AVEC LE TABAC

Le nombre restreint d’enfants inclus dans cette étude est bien sûr une limite. Une extension est en cours sur 450 enfants. De même, les tests neurocognitifs devraient être affinés en vue de préciser les corrélations entre mesures cérébrales et fonctions cognitives. Mais d’autres études vont dans le même sens. « En Equateur, des enfants nés de mères travaillant dans des serres horticoles, exposées à ce pesticide durant leur grossesse, présentent un à deux ans de retard neurocognitif par rapport aux enfants dont les mères ne sont pas exposées », indique le M. Grandjean.

« Le chlorpyriphos-éthyl inhibe l’acétylcholinestérase, l’enzyme qui dégrade l’acétylcholine, un des principaux neurotransmetteurs excitateurs du cerveau. Il augmente ainsi la quantité d’acétylcholine dans le cerveau », dit le professeur Robert Barouki, directeur d’un laboratoire Inserm de pharmacologie-toxicologie à l’université Paris-Descartes. « Le CPF perturbe sans doute aussi la migration des neurones lors du développement cérébral », ajoute M. Grandjean. Autre motif de crainte, « les pesticides interagissent avec d’autres produits chimiques comme ceux du tabac », observe Virginia Rauh. Dans leur classement toxicologique, l’OMS et l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) attribuent au CPF un niveau II, soit une dangerosité modérée.

Médecins, psychologues, enseignants observent chez l’enfant une augmentation des troubles neurocognitifs et comportementaux, notamment des déficits de l’attention. Un accroissement en partie attribuable à la plus grande vigilance accordée à ces troubles et à leur meilleur diagnostic. Mais si cette augmentation est réelle, une origine développementale liée à une exposition à des neurotoxiques pourrait-elle en être une des causes ? « C’est une hypothèse à explorer », admet Virginia Rauh.

« Vous n’avez qu’une seule chance de développer votre cerveau, et c’est pour la vie ! Certes, le cerveau est capable de plasticité, d’un certain degré de compensation, mais son efficience ne sera jamais optimale s’il a été altéré », relève Philippe Grandjean. Selon lui, « l’impact de l’exposition périnatale à divers produits chimiques est un problème de santé publique mésestimé par les pouvoirs publics ».

En attendant une prise de conscience élargie, que faire ? « Laver fruits et légumes, d’autant plus s’ils sont consommés par une femme enceinte ou allaitante, ou par de jeunes enfants », conseille Virginia Rauh. Et éviter d’utiliser, en cas de grossesse, des produits phytosanitaires contenant ces produits. En France, au moins un produit contenant du CPF est autorisé dans les jardins : Dursban 5G Jardin (Dow Agrosciences SAS).

Florence Rosier (http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/05/17/un-insecticide-altere-le-jeune-cerveau_1703201_1650684.html)

Reportage TV : Uranium et Thorium – scandale en puissance chez les militaires.

19 Mai

L’urgence, un prétexte de choix pour survacciner

18 Mai

On l’avait déjà vu avec la fausse pandémie de H1N1, l’urgence a bon dos pour faire accepter des vaccinations

On l’avait déjà vu avec la fausse pandémie de H1N1, l’urgence a bon dos pour faire accepter des vaccinations hasardeuses et même expérimentales.

L’urgence a bon dos aussi pour pouvoir prétendre après coup qu’  »on ne savait pas quelle serait la dangerosité du virus, qu’ il fallait agir et décider toute de suite et qu’on ne pouvait donc pas laisser la population démunie, sans aucun vaccin ».

Le paradigme faux et étroit qui consiste à la façon d’un conditionnement pavlovien, à limiter les réponses aux épidémies au seul développement de nouveaux vaccins, mène tout droit à une impasse de santé publique, où les problèmes ne sont jamais résolus, mais tout au plus reportés et encore, au prix d’un nombre inéluctable de victimes de graves effets secondaires.

Mais il est toutefois très important de comprendre les rouages d’un système aussi idéologiquement verrouillé et c’est pourquoi, nous allons donner un nouvel exemple de cette « stratégie des prétextes », qui fonctionne visiblement si bien en matière de survaccination.

L’exemple, tout à fait actuel, nous est donné par la justification officielle d’une vaccination systématique contre l’hépatite B, seulement quelques heures après la naissance, de tous les nourrissons américains et ce, même lorsque les mères ne sont pas infectées ou lorsqu’elles n’ont pas été préalablement dépistées!

Une page officielle du Centre de Contrôle des Maladies (CDC), instance sanitaire américaine officielle, répond ainsi de la façon suivante à cette question:

Pourquoi un nourrisson devrait-il recevoir le vaccin contre l’hépatite B à la naissance, avant de quitter l’hôpital, même si la mère est négative à l’antigène de l’hépatite B (HbsAg)?

Les nourrissons nés de mères infectées par l’hépatite B exigent l’administration du vaccin anti-hépatite B et d’immunoglobulines anti-hépatite B (HBIG) endéans les 12 heures qui suivent la naissance pour les protéger d’une contamination. Cependant, en raison d’erreurs et de retard qui peuvent survenir dans l’interrogatoire, l’analyse et les résultats du statut maternel des antigènes de l’hépatite B, administrer la première dose du vaccin anti-hépatite B peu après la naissance à tous les nourrissons, s’avère être une mesure sûre, réduisant le risque d’infection périnatale lorsque le statut maternel des antigènes HBs est soit inconnu soit incorrectement documenté au moment de son administration. Il a aussi été montré que débuter le schéma vaccinal contre l’hépatite B à la naissance accroît la probabilité que l’enfant reçoive le schéma vaccinal complet.

On invoque donc là aussi une fausse urgence pour tenter de légitimer une vaccination aveugle d’enfants très majoritairement non exposés à ce genre de maladie qui ne se transmet que par voie sanguine ou sexuelle (n’exposant ainsi significativement que les personnes qui ont des rapports sexuels homosexuels ou hétérosexuels ou qui recourent à des drogues injectables voire des transfusions sanguines). C’est du reste bien une fausse urgence puisqu’il est parfaitement possible d’obtenir un résultat sanguin rapide et fiable et que la proportion d’enfants infectés est extrêmement faible.

Dans le même temps, on affirme que cette façon de procéder, en vaccinant dès la naissance, est « sûre » mais sur quelle base scientifique dès lors que le système immunitaire d’un enfant n’est pas mature avant 6 ou 7 ans d’âge, que ces vaccins contiennent des substances notoirement toxiques comme l’aluminium ou le formaldéhyde et que l’évaluation de la sécurité des vaccins est biaisée en amont, avec le recours constant à de faux groupes placebos ?

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La tragédie du petit Ian Gromorski, décédé dans d’atroces souffrances suite à l’administration à sa naissance du vaccin contre l’hépatite B alors qu’il était pourtant né en parfaite santé, suffit déjà à démontrer qu’une telle vaccination, avec un vaccin transgénique qui plus est, ne peut jamais être honnêtement décrite de façon aussi anodine. Les risques de cette vaccination sont donc grandement minimisés, comme le montre d’ailleurs aussi le sort qui a été réservé au Pr Tardieu qui avait mis en évidence un risque accru de sclérose en plaques pendant 3 ans chez les enfants vaccinés avec l’Engerix B (aussi disponible aux USA) mais qui, sujet tabou oblige, fut « interdit de conférence de presse » selon le récit du journal Libération du 14 octobre 2008.

Hélas, tandis qu’on minimise les risques, on gonfle aussi la prétendue utilité du vaccin ainsi que la gravité statistique de la maladie et ce, depuis que l’OMS a décrété ultra nécessaire la vaccination universelle de tous les enfants en 1991.

C’est ainsi qu’une maladie qui était loin d’être la première préoccupation des médecins en charge d’une clientèle pédiatrique, s’est immiscée dans les cabinets. A force de lobbying. Et quel lobbying! Même les représentants des fabricants de vaccins l’avouaient publiquement alors à l’époque:  »En lien avec l’OMS, nous ouvrons des marchés!«

Une preuve éclatante que la demande de vaccination a été créée de toute pièce par les fabricants, en lien avec l’OMS qu’ils ont ainsi parfaitement su instrumentaliser, réside notamment dans les résultats implacables d’une enquête menée auprès d’un échantillon représentatif de médecins pédiatres et généralistes américains, destinée à évaluer leur perception de l’utilité d’une vaccination contre l’hépatite B chez les nouveaux-nés…

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Affirmer en outre que la vaccination aussi précoce est un meilleur gage de compliance et d’adhésion des parents au schéma vaccinal complet est par ailleurs aussi cynique puisque cela implique en revanche des doses supplémentaires dues à l’immaturité du système immunitaire de si jeunes enfants. En effet, il faut savoir que chez le jeune enfant, une vaccination anti-hépatite B implique un minimum de 3 doses (en vaccins monovalents) alors qu’elle ne comporte à présent plus que deux doses chez l’adolescent ou l’adulte.  En plus, comme avoué par l’ONE, les vaccinations combinées (comme le vaccin hexavalent) exposent également à des rappels inutiles c’est à dire 4 doses de la valence hépatite B au lieu de 3.

Lorsqu’on sait que les enfants ne deviennent vraiment à risque de contracter la maladie qu’à partir de l’adolescence et des premières relations sexuelles (non protégées) mais que 50% des nourrissons vaccinés ne seraient plus protégés par la vaccination 15 ans plus tard, on ne peut que déplorer l’irrationalité scientifique totale d’une telle recommandation vaccinale chez les nourrissons. Que ça soit à la naissance ou dès deux mois, la vaccination à la naissance favorisant en fait davantage l’acceptation des parents parce qu’on profite de leur faiblesse due à l’émotion et à la fatigue propres à un tel événement mais aussi parce qu’une mesure proposée dans une certaine précipitation laisse toujours moins de place à la réflexion.

Source : http://www.initiativecitoyenne.be/article-l-urgence-un-pretexte-de-choix-pour-survacciner-105334785.html

L’obésité, un sujet maltraité à la télé

18 Mai

Décryptage | Les émissions télé consacrées à l’obésité se multiplient depuis le début de l’année. L’aspect “foire aux monstres” l’emporte largement sur le contenu médical.

ylvie a choisi de rencontrer un chirurgien de l’obésité devant les caméras de NRJ12. Elle se met à pleurer, suffoquée par l’angoisse du chiffre affiché sur la balance : 212 kilos. Ses proches n’ont cessé de le lui répéter, elle est en danger de mort. Ses spasmes et ses sanglots, captés par un zoom dérangeant, sont difficiles à soutenir. Dans la même édition spéciale de Tellement vrai,« Obésité, le combat de leur vie », diffusée le 12 janvier 2012, on fait aussi la connaissance d’Odile, qui a dépassé les 160 kilos et n’a pas mis le pied dehors depuis quatre ans. Elle vit recluse dans son lit médicalisé, plongée dans la pénombre, allumant la télévision à l’aide d’un bâton.

Ces visions de corps hors norme immobilisés ou se mouvant dans d’extrêmes souffrances ne sont plus seulement le reflet lointain d’Américains sédentaires et suralimentés. On nous le répète à l’envi en préambule à ces reportages : 31,9 % des Français adultes sont en surpoids, 14,5 % sont obèses. « Il y a dix ans, les obèses étaient totalement absents du discours médiatique, analyse le sociologue Jean-Pierre Poulain (1). Puis la thématique a commencé à monter, comme la preuve que quelque chose ne tourne pas rond dans notre monde. » Jusqu’à devenir une matière inépuisable pour les médias et le docu-réalité, au discours toujours plus anxiogène.

« On parle d' »épidémie » qui s’enracinerait
dans des modes de vie qui ne sont pas sains.
Un peu comme une ­punition infligée à
l’Occident, qui vit dans la surabondance. »

Jean-Pierre Poulain, sociologue

Le mouvement s’est amorcé en 1998, quand l’Organisation mondiale de la santé a publié un rapport alarmant sur l’obésité, nouveau mal du siècle. La crainte de la « globésité » (2) s’est glissée peu à peu parmi les phobies contemporaines. « On parle depuis d' »épidémie » qui s’enracinerait dans des modes de vie qui ne sont pas sains, explique Jean-Pierre Poulain, un peu comme une ­punition infligée à l’Occident, qui vit dans la surabondance. »

Tellement vrai (NRJ12), Tous différents (NT1), C’est ma vie (M6), A chacun son histoire (Direct 8), Vies croisées (W9)… Durant la première quinzaine de janvier, pas moins de dix émissions ont traité le sujet. Depuis, la tendance n’a fait que se confirmer. « On retrouve sous une forme modernisée les foires aux monstres qui existaient au XIXe siècle. C’est particuliè­rement spectaculaire de montrer des corps en souffrance, dans des situations d’excès », observe Jean-Louis Missika, sociologue des médias (3) .

Car ces émissions ne se contentent pas de quelques rondeurs, les témoins émargent à la rubrique obésité sévère, voire obésité morbide. Les équipes de tournage n’hésitent d’ailleurs pas à filmer crûment le corps gros et dévêtu. « Il y a un phénomène de fascination-répulsion, note la philosophe Isabelle Queval (4) . Le téléspectateur s’identifie parce qu’il peut lui-même être en surpoids, et, en même temps, il a vu une monstruosité qu’il expurge de lui-même, comme autrefois on mettait hors de la cité ceux qui étaient difformes. »

« L’idée qu’on a le corps qu’on mérite s’est imposée
dans notre société. Et de la responsabilisation
à la culpabilisation, il n’y a qu’un pas. »

Thibaut de Saint Pol, sociologue

« Tous au régime ! », « Obésité : assumer ou combattre », « Mon combat contre les kilos »… Ces « docus-réalité » assènent tous le même message : gros, vous devez réagir, et la télé peut vous y aider. Régime, chirurgie, relooking, coaching… La lutte est mise en scène tous azimuts. « Nous sommes toujours plus incités à contrôler nos vies, à avoir plus de volonté, précise Isabelle Queval. La minceur est un signe distinctif : plus on est mince, plus on mar­que cette emprise de la volonté sur son corps et sur soi-même. Le corps est devenu le jugement ultime de nos comportements. » Le sociologue Thibaut de Saint Pol (5) le confirme : « L’idée qu’on a le corps qu’on mérite s’est imposée dans notre société. Si vous ne correspondez pas aux canons du corps désirable, c’est votre faute. Et de la responsabilisation à la culpabilisation, il n’y a qu’un pas. »

Le gros se laisse aller, est malheureux et dans la misère affective : certains procédés audiovisuels encouragent la perpétuation de clichés. « Ces stéréotypes renvoient à des questions qui peuvent vraiment se poser, par exemple dans la vie affective et sexuelle. Mais dans ces programmes, on a une saturation de l’image négative de l’obèse », observe Jean-Pierre Poulain.

­Nathalie Leruch, journaliste, a travaillé à un reportage sur les enfants au régime pour le magazine d’information d’une grande chaîne hertzienne. La mise en scène expéditive de la privation et de l’échec insiste sur l’image du gros incapable de se restreindre : « Le rédacteur en chef souhaitait que je trouve des enfants soumis au régime Dukan. Pour ce type de magazine, les interviews pudiques un peu en longueur ne sont pas souhaitées, ils veulent un enfant dans la cuisine familiale à qui on refuse des aliments sucrés, ou devant son assiette 100 % protéines. On comprend qu’il faut tourner un échange dialogué de quarante secondes maximum, « sinon on s’ennuie »… Et qu’il faut autant que possible faire ressentir un peu de pathos autour de cet enfant qui vit la privation. »

« La stig­matisation de l’obésité
est l’un des racismes les plus violents aujourd’hui.
Et un racisme qui ne dit pas son nom. »

Jean-Pierre Poulain

Entre moquerie et empathie, l’image du gros « victime responsable » est ambiguë. Souvent représenté comme un bon vivant, un outre-mangeur qui ne sait pas refréner ses pulsions, il est aussi celui dont on montre le handicap pour créer l’émotion. Dans C’est ma vie, sur M6, en septembre 2011, l’émission « Corps en désaccord » met en scène Céline, 26 ans, une boulangère pesant 140 kilos. « Sa vie est en danger », assène le ­commentaire, soulignant que si elle ne perd pas de poids ses soucis de santé « pourraient s’aggraver jusqu’à l’irréparable ». A l’image, Céline transporte des pâtisseries sorties du four. « Elle se sent incapable de suivre un régime pour une raison simple : elle et son mari, également en surpoids, adorent manger », commente la voix off un peu badine. En fond musical, Gossip et sa célèbre chanteuse obèse, Beth Ditto.

« La stig­matisation de l’obésité est l’un des racismes probablement les plus violents aujourd’hui, constate Jean-Pierre Poulain, et un racisme qui ne dit pas son nom. Ceux qui en sont les acteurs ont bonne conscience. » Pauvreté, facteurs médicaux, contexte ­familial difficile, choc émotionnel : rarement les causes de cette maladie complexe et multi-factorielle sont éclairées.

« Les chaînes pensent que ça va ennuyer le téléspectateur de faire parler de leur souffrance des personnes grosses. On simplifie souvent le problème à l’extrême : tu te prends en charge et tu maigris », analyse Nathalie Leruch. Paroxysme de ce traitement simpliste, l’émission Zita dans la peau d’une femme obèse, diffusée le 29 février sur M6. Ingurgitant 6 000 calories par jour pendant un mois, Zita Lotis-Faure vivrait le quotidien d’une femme obèse. Un pur spectacle abordant l’obésité sous le seul angle de la suralimentation, et centré sur les réactions de la journaliste à son propre gavage.

« Seront-ils assez motivés pour y arriver ?
L’un d’entre eux renoncera-t-il en cours de route ? »
La voix off, goguenarde, de Tous différents.

Eludant les causes, la télévision préfère insister sur les ­solutions, comme la chirurgie bariatrique, mieux connue sous le nom télévisuel d’« opération de la dernière chance ». Tous différents : mon combat contre les kilos pose d’emblée la question de manière brutale : « Quand faut-il décider de se faire opérer pour réduire la taille de son estomac ? » A l’écran, l’opération ­relève du coup de baguette magique. « Or la chirurgie, c’est du sur-mesure, il faut du temps, et ça peut prendre de trois à six mois pour qu’on opère un patient », explique le professeur Jean-Marc Chevallier, responsable de la chirurgie de l’obésité à l’hôpital Georges-Pompidou. « Avant l’opération, une équipe pluridisciplinaire effectue toute une ­série d’examens qui sont un véritable parcours du combattant, précise-t-il. Après l’intervention, on met en place une surveillance de dix-huit mois. L’effet de l’opération seule est nul. Ce n’est pas amusant à raconter, mais c’est le plus important. »

Anne a témoigné dans Tellement vrai et se souvient du peu de rigueur dont a fait preuve l’équipe de NRJ12 : « Dans le reportage, ils se trompent sur mon poids et les dates, et parlent même d’anneau gastrique au lieu de sleeve gastrectomie. » Dans Tous différents, « Obésité : leur combat contre les kilos », Adeline remarque que la durée de la démarche qui l’a menée à l’ablation de la majeure partie de son estomac, plus de un an, n’est même pas évoquée. A l’écran, elle semble prendre son premier rendez-vous chez le chirurgien, alors que l’émission n’a été enregistrée que deux semaines avant l’intervention. Les complications post-opératoires ne sont quant à elles pas systématiquement évoquées. Pourtant, cette opération très en vogue à la télé peut dans certains cas se révéler « une catastrophe, avec des complications très graves », met en garde le professeur Chevallier.

La télévision a transformé la maladie en show à suspense. « Seront-ils assez motivés pour y arriver ? L’un d’entre eux renoncera-t-il en cours de route ? » questionne la voix off goguenarde de Tous différents. Prétendre aider le témoin et le téléspectateur, « c’est le discours fondamental de justification de la télé-­réalité, explique Jean-Louis Missika. Un discours qui permet aux journalistes et aux producteurs de se regarder dans la glace : puisqu’il y aurait une utilité sociale à ces émissions, ce n’est pas seulement du spectacle ».

Outre-Atlantique, des shows XXL
Aux Etats-Unis, où 65 % de la population est en surpoids ou obèse, la télé-réalité ne s’embarrasse pas d’un aspect prétendument documentaire. Dans Extreme makeover weight loss edition (ABC),The biggest loser(NBC),Heavy(A&E TV),Dance your ass off(Oxygen), le spectacle est assumé. Paroxysme de ce « fat show », The biggest loser transforme depuis treize saisons les personnes obèses en compétiteurs entraînés par des coachs à la plastique parfaite. Objectif : perdre le plus de poids pour remporter 250 000 dollars. Peu importe le dossier médical de chacun. La télé s’érige en autorité qui récompense ou sanctionne le manque de volonté. « Ça veut dire que j’ai un avenir ! » s’exclame une candidate lorsqu’elle apprend qu’elle a été sélectionnée pour suivre une année de régime sous le regard de millions de téléspectateurs. Au fil de ces compétitions, un message s’impose : fondre à vue d’œil, c’est possible. Le mardi 24 avril, Le Grand Perdant (The biggest loser) et ses torrents de sueur et de larmes ont débarqué sur W9 à 22h20.

(1) Sociologie de l’obésité, éd. PUF, 2009.
(2) « Globesity » est un néologisme créé par l’OMS en 2001 pour qualifier l’obésité de masse.
(3) La Fin de la télévision, éd. du Seuil, 2006.
(4) Le Corps aujourd’hui, éd. Gallimard, 2008.
(5) Le Corps désirable, Hommes et femmes face à leur poids, PUF, 2010.

A voir
en contrepoint de notre enquête, les autoportraits de la photographe américaine Jen Davis.

Source : http://television.telerama.fr/television/l-obesite-un-sujet-maltraite-a-la-tele,80725.php

Les experts européens choisissent d’ignorer un problème qu’eux-mêmes jugent important

18 Mai
L’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA), en réponse à un mandat de la Commission européenne, vient de reconnaître qu’un phénomène biologique représentait un problème « d’importance générale concernant les impacts sanitaires de l’alimentation humaine et animale » mais qu’il ne fera pas l’objet d’une évaluation avant autorisation pour les plantes transgéniques.

En 2011, le Pr. Zhang de l’Université de Nanjing (Chine) publiait un article montrant que les petits acides ribonucléiques, appelées ARN micro (ARNmi, ou miRNA en anglais, molécules remplissant une fonction importante de régulateur dans les cellules et intervenant dans la synthèse de protéines) provenant de la nourriture peuvent interférer avec le fonctionnement génétique d’animaux et d’humains ayant ingéré ces aliments, même cuits [1].
Réagissant à cette publication scientifique, l’eurodéputée Sandrine Bélier interrogeait en décembre 2011 la Commission européenne en lui demandant précisément « comment la Commission [allait] prendre en compte l’évaluation des effets des miARN produits par des plantes génétiquement modifiées (PGM) […], mais aussi au cas où l’expression des miARN serait perturbée par la transgenèse » [2]. Car en effet, les résultats de cette publication amènent à s’interroger sur la manière dont les perturbations métaboliques éventuelles vont être évaluées dans le cas des plantes transgéniques dont la modification pourrait modifier l’expression d’ARNmi, particulièrement dans le cas des plantes transgéniques modifiées pour exprimer des ARNmi (comme la vigne transgénique de Colmar ou le haricot en cours d’autorisation au Brésil). Dans sa réponse faite en janvier 2012, la Commission européenne informait l’eurodéputée qu’elle mandatait l’AESA pour répondre à sa question. Mais bien que l’AESA ait publié sa réponse en mars, la Commission n’a pas encore réagi officiellement, comme nous l’a confirmé le bureau de Sandrine Bélier.

Un problème non évalué

Dans sa réponse [3], l’AESA reconnaît bien qu’il s’agit d’un problème « d’importance générale concernant les impacts sanitaires de l’alimentation humaine et animale », concernant donc aussi bien les plantes telles que nous les consommons depuis des millénaires (mais pour lesquelles nous disposons d’un recul d’utilisation et avec lesquelles nous avons co-évolué) que les plantes transgéniques telles que commercialisées depuis la fin des années 90 et les plantes qui seront modifiées par de nouvelles techniques de biotechnologie. Mais paradoxalement, la Commission explique qu’elle limitera volontairement l’évaluation des risques associés à ces ARNmi « aux plantes GM dont les modifications d’expression de gènes auront été obtenues par utilisation d’ARNmi », ignorant ainsi toutes les autres plantes génétiquement modifiées ! L’AESA s’empresse d’ajouter qu’aucune plante modifiée pour exprimer des ARN régulateurs n’est actuellement en cours d’instruction…
Pour rappel, Inf’OGM rapportait fin 2011 [4] cette publication scientifique en expliquant que « après avoir détecté ces molécules dans le lait, le sérum sanguin (la partie « liquide » du sang) et des tissus de différents mammifères, les scientifiques ont établi que ces ARNmi ingérés par le biais de l’alimentation n’étaient pas totalement détruits par la digestion [et que, par exemple, l’ARNmi MIR168a] est actif chez la souris en inhibant l’expression de certaines protéines. Pour les chercheurs, ces résultats démontrent que “des ARNmi végétaux présents dans des aliments peuvent réguler l’expression de gènes cibles chez les mammifères” ».
L’AESA fait donc clairement le choix paradoxal de reconnaître qu’un point d’importance générale, s’appliquant donc à tous les types de plantes GM, ne sera évalué que pour certaines d’entre elles ! Reste, en plus, à savoir comment, car elle ne répond pas sur ce point.


La réponse de l’AESA

[1]  Meunier, E. « Découverte : certains ARN de végétaux influent sur le métabolisme des mammifères », Inf’OGM, octobre 2011

[2] http://www.europarl.europa.eu/sides…

[3] cf. document joint à cet article

[4] cf. note 1

Source : http://www.infogm.org/spip.php?article5134